ROSIE LA MARMOTTE
(LEMARQUE)

ROSIE LA MARMOTTE
F. Lemarque

Rosie la marmotte au fond d’une grotte
S’est endormie pour trois mois
Quand le blanc cortège de vent et de neige
A tout recouvert déjà

Un grand corbeau maigre noir comme les ténèbres
Tristement fait les cent pas
C’est elle qu’il aime il attend que revienne
Le printemps qui la lui rendra

Le soleil arrive et fait tout revivre
La neige retourne au ruisseau
Les torrents jaillissent les près refleurissent
Rosie s’éveille aussitôt
Le corbeau fidèle se pose auprès d’elle
Aussi digne qu’un évêque
Rosie la marmotte va vers lui et frotte
Son museau contre son bec

Le bonjour à toi Rosie as-tu bien dormi
Le bonjour à ton Gaston c’est si bon de te revoir

Sur les vieilles pierres près de la rivière
Ils vont vivre tous les deux
Des jours de vacances des jours d’insouciance
La montagne est toute à eux

Mais le temps galope dans sa blanches robe
L’hivers est déjà bien près
Quand viendra novembre adieu les mots tendres
Il faudra se séparer

Alors la chouette qui n’avait en tête
Que des formules périmées
Jouant les sorcières et croyant bien faire
Sans le savoir s’est trompée

Un matin de brume agitant ses plumes
Elle a métamorphosé
Rosie la marmotte en fillette boulotte
Et Gaspard en pauvre écolier

Beaucoup trop jeune pour s’aimer
Ils sont enfermés
Derrière les grilles d’un lycée
Adieu l’amour la liberté




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