L'OURS
(VALADE/LEMARQUE)

L’OURS
Roland Valade / F. Lemarque


Dans ces vertes montagnes là
Chacun vivait selon sa loi
Partageant ce que la nature
Offrait d’amour et de pâture

Ceux qui se craignaient s’évitaient
Rien de méchant ils s’ignoraient
Jamais lapin ou tourterelle
Ne fut témoin d’une querelle

Jusqu’à ce jour où
Où un grand ours
Se proclama le roi
Prétendant qu’il
Etait utile
Qu’un pays eut des lois
Que sous sa haute autorité
Tous auraient la prospérité

Après trois jours de pleins pouvoirs
Les animaux en avaient marre
De recevoir les algarades
De ce minable plantigrade
Ils traitait les vaches d’adjudants
Les papillons de contractuels
Le corbeau de dénonciateur
Le coucou de mauvais coucheur


Un jour la coupe
A débordé
Ce fut le branle bas
Quand une abeille
Lui cria miel
Ce mot comme un signal
A décidé chaque animal
A la révolte générale

Dans une tragique escalade
Ils dressèrent des barricades
Avec des ronces et de l’écorce
Aux cris de l’union fait la force
L’araignée tissa des filets
Et l’aigle se fit bombardier
Les fourmis se mirent dans ses jambes
Et quand le sanglier chargea

On vit soudain
Une belle ourse
Arrêter le combat
Elle dit alors
Sachez que l’ours
Est amoureux de moi
Et s’il de méchante humeur
C’est que j’ai mal compris son cœur

Aussitôt elle alla chez lui
La paix revint avec la nuit
Dans le silence jusqu’au jour
S’élevait un hymne d’amour

Dans ces vertes montagnes là
Chacun revit selon sa loi
Partageant ce que la nature
Offre d’amour et de pâture




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